Trump suspend l’immigration face aux ravages économiques du coronavirus

Les Etats-Unis ont décidé de suspendre la délivrance de cartes vertes pour deux mois afin de protéger les emplois des Américains, confrontés à une vague de chômage liée au nouveau coronavirus qui a tué 177.000 personnes et continue de faire des ravages dans l’économie mondiale.

En arrêtant l’immigration, le président américain Donald Trump entend « donner la priorité au travailleur américain », alors que le Covid-19 a mis au chômage 22 millions de personnes dans son pays. Il doit signer le décret mercredi.

La veille, l’Organisation internationale du travail (OIT) avait souligné que « la crise du Covid-19 a un effet dévastateur sur les travailleurs et les employeurs ». L’OIT a mis en garde contre « la pire crise internationale depuis la Seconde Guerre mondiale », alors que le confinement des populations, synonyme d’économies au ralenti, a encore de beaux jours devant lui face à la crainte d’une deuxième vague de contamination et en l’absence de vaccin ou traitement contre la maladie.

En Allemagne, de premiers essais cliniques d’un vaccin vont être lancés par la société BioNTech, en lien avec le laboratoire américain Pfizer, a annoncé mercredi l’Institut Paul Ehrlich.

Il a précisé qu’il s’agissait « seulement du quatrième essai sur l’homme » dans le monde d’un vaccin contre le Covid-19, qui a tué 177.368 personnes, dont plus de 110.192 en Europe, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mercredi à 9h20 GMT.

L’Italie (24.648 morts) et l’Espagne (21.717) sont les pays en Europe les plus atteints, suivis de la France (20.796) et du Royaume-Uni (17.337).

Sur ce continent, où la plupart des pays observent un confinement plus ou moins strict, des millions d’emplois sont également menacés.

La pandémie pourrait « presque doubler le taux de chômage européen dans les prochains mois », estime le cabinet de conseil américain McKinsey.

La France a annoncé mercredi que plus de 10 millions de salariés, soit plus d’un salarié du secteur privé sur deux, étaient concernés par le chômage partiel. « C’est considérable, on n’a jamais fait ça dans notre pays », a souligné la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Ce dispositif, qui permet au salarié d’être indemnisé à hauteur de 70% du salaire brut et 84% du salaire net, concerne désormais 820.000 entreprises, soit plus de 6 sur 10.

Dans les pays déjà fragiles, c’est la sécurité alimentaire qui est en jeu.

« Le nombre de personnes souffrant sévèrement de la faim pourrait doubler en raison de la pandémie de Covid-19, atteignant alors plus de 250 millions d’ici la fin de 2020 », a averti le Programme alimentaire mondial (PAM), une agence de l’ONU, évoquant le risque d’une « catastrophe humanitaire mondiale ».

– Déconfiner avec précaution –

AFP / Valentine GRAVELEAUCovid 19 : bilan mondial

Au moins 4,5 milliards de personnes dans 110 pays ou territoires vivent confinées ou contraintes de limiter leur déplacement pour tenter d’endiguer la propagation du virus, soit environ 58% de la population mondiale.

En Europe, plusieurs pays – Allemagne, Autriche, Norvège, Danemark- ont commencé à assouplir leurs mesures de confinement, tout en conservant des mesures de « distanciation sociale ».

Berlin et dix des 16 Etats fédérés allemands ont décidé d’imposer le port du masque dans les transports publics. Bars, restaurants, lieux culturels, terrains de sports y demeurent fermés. Ecoles et lycées rouvriront progressivement.

« Aller trop vite serait une erreur », s’est alarmée la chancelière Angela Merkel.

Une deuxième vague épidémique de nouveau coronavirus aux Etats-Unis, qui ont enregistré 44.845 décès selon le dernier bilan disponible, pourrait être pire que la première, car elle coïnciderait avec le début de la grippe saisonnière, a aussi averti un haut responsable américain de la Santé.

Robert Redfield, directeur des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), a appelé les Américains à se préparer et à se vacciner contre la grippe. « Il existe une possibilité pour que l’assaut du virus contre notre pays l’hiver prochain soit en fait encore plus difficile que celui que nous venons de vivre », a-t-il déclaré.

AFP / GEORGES GOBETEpicerie ambulante près de Guréet, dans le centre de la France, le 21 avril 2020

L’Italie et la France préparent aussi leur déconfinement, respectivement à compter des 3 et 11 mai, qui sera lente et entouré de précautions.

Le gouvernement néerlandais a annoncé la réouverture partielle à partir du 11 mai des écoles primaires et des garderies.

En Espagne, le confinement, un des plus stricts d’Europe, sera légèrement assoupli à partir du 27 avril pour permettre aux enfants de sortir.

En revanche, les autorités de Singapour ont annoncé sa prolongation jusqu’à début juin, après un bond du nombre de cas.

Au Japon, où huit bébés et jeunes enfants pensionnaires d’un centre d’accueil à Tokyo ont été testés positifs au Covid-19, visiblement contaminés par un des encadrants, l’Etat d’urgence est en place jusqu’au 6 mai.

En Russie, le géant de l’internet Yandex a lancé un service de dépistage gratuit du nouveau coronavirus pour les habitants de Moscou, épicentre de l’épidémie en Russie, où les autorités revendiquent un fort taux de dépistage mais où le peronnel médical déplore être sous-équipé.

– Plainte du Missouri –

Victime du ralentissement mondial de l’économie, le pétrole vit une situation « dramatique selon l’Opep, l’organisation des pays exportateurs. Après un sursaut de ses cours mardi, le Brent de la mer du Nord a atteint 15,98 dollars dans la matinée, un plus bas depuis juin 1999. Le brut américain WTI valait 11,02 dollar le baril après avoir plongé en territoire négatif en début de semaine pour la première fois de son histoire.

AFP / Mark FelixVue de la raffinerie LyondellBasell à Houston, aux Etats-Unis, le 20 avril 2020

Aux Etats-Unis, premier producteur de pétrole mais dont les coûts d’extraction sont élevés, cet effondrement historique menace l’ensemble du secteur, et a conduit le président Donald Trump à demander à son administration de mettre sur pied un plan de sauvegarde.

L’Etat du Missouri (centre), qui déplore 177 morts du coronavirus et des milliards de dollars de pertes, a décidé de porter plainte contre la Chine, accusant Pékin d’avoir dissimulé la gravité de l’épidémie de coronavirus et causé ainsi des « dommages », économiques et humains, « irréparables ».

La plainte au civil, déposée par le procureur de l’Etat Eric Schmitt, vise le gouvernement, le parti communiste chinois ainsi que d’autres responsables et institutions du pays. Elle les accuse notamment d’avoir « caché des informations cruciales » au tout début de l’épidémie.

Pour leur défense, les chercheurs chinois affirment qu’ils n’ont pu déterminer que courant janvier, étude scientifique à l’appui, que le virus pouvait se transmettre au sein de l’espèce humaine.

Lundi, Pékin avait déjà rejeté une demande d’enquête indépendante sur la gestion du virus par les autorités chinoises formulée par la ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne.

burs-oaa/jhd

AFP

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *