COUP D’ETAT DU 18 AOUT DERNIER : Les partisans d’IBK déplorent la violation grave de la constitution Malienne
Les partisans de l’ex-président Ibrahim Boubacar Kéïta renversé par une junte militaire s’étaient donné rendez-vous, le samedi 22 août, à l’esplanade de la bourse du travail pour protester contre sa destitution forcée et demandent aux mutins de Kati de retourner à l’ordre constitutionnel.
Les partisans d’Ibrahim Boubacar Kéïta ne décolèrent point. C’est aux cris de « IBK Président » ou « Libérez IBK », que ses soutiens ont manifestés pour montrer leur désapprobation du coup d’Etat survenu au Mali le mardi 18 août.
Salut du Peuple (CNSP) à commettre des erreurs inadmissibles à l’aube de leur coup.
Mardi 18 Août 2020, tout le Mali est réveillé par une mutinerie, éclatée au camp Soudjata de Kati, transformée en un coup d’Etat contre le régime démocratiquement élu du Président Ibrahim Boubacar Kéita.
Le colonel Assimi Goïta et ses hommes sont en effet des hommes de mains du régime qu’ils prétendent avoir déchu, bien formés pour la défense de la patrie. Mais ces derniers ont brillé par leur manque de promptitude face aux attaques terroristes dont les conséquences sont généralement des morts et blessés, militaires et civiles. Les missions pour lesquelles ils sont recrutés et formés sont reléguées au second plan. C’est la première erreur qui conduit à la soif du pouvoir et le coup d’Etat du mardi dernier.
La junte ne s’est pas limitée là. Après sa prise du pouvoir, à la recherche de notoriété, elle s’est lancée en aventure, celle d’appliquer in extenso, l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale issu du processus d’Alger. « Nous invitons par ailleurs nos frères de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et de la plateforme à nous rejoindre pour la mise en œuvre efficiente de l’accord issu du processus d’Alger…Nous sommes attachés au processus d’Alger, la paix au Mali est notre priorité et elle se fera avec vous», peut-on lire entre leur première déclaration de séduction de la CMA. Cet accord dont l’application est prévue à long terme ne peut l’être par une transition de courte durée, à fortiori par « des aventuriers », selon l’expression de notre confrère du « 22 Septembre ».
Comme il n’y a de deux sans trois, les erreurs ont pris de l’ascenseur. Juste au lendemain du putsch, certains membres du CNSP se sont rendus chez Mahmoud Dicko pour des raisons qu’on ignore. Ont-ils des accointances avec l’imam ? La réponse est d’office à l’affirmative. Sinon pourquoi ne se sont-ils pas ensuite rendus chez le président du HCIM, Chérif Ousmane Madani Haïdara et chez le Cardinal Jeans Zerbo?
Dissensions.
Présenté comme leader du putsch, le Colonel Diaw a été par la suite dégagé pour être remplacé par le Colonel Assim Goïta, l’actuel président du comité. Entre les soldats pro-Diaw et pro-Goïta, la tension est montée d’un cran au point qu’une réunion d’urgence a été convoquée le lendemain du coup pour taire les divergences. Cette quatrième erreur traduit l’immaturité des putschistes qui s’exposent à du déjà vécu ici au Mali.
La cinquième erreur est d’avoir forcé IBK à dissoudre l’Assemblée nationale, alors qu’ils n’ont aucune certitude d’organiser les élections générales à date échue pour doter le pays d’institutions légales et légitimes. Comptant sur le M5-RFP dont ils sont proches, les putschistes affichent une défiance vis-à-vis de la CEDEAO. Mais, ils finissent par retrouver raison, avant de courber l’échine. D’où l’arrivée de la mission de l’institution, conduite par l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan.
L’appât du pouvoir reste dangereux car nous sommes en politique. On n’a pas bien retenu les leçons de la dernière transition, mais une chose est Claire : ce sont les même qui reviennent. Même si ce sont de nouveaux visages, ce sont bien des éléments de deux grands noms de Kati : Gal Moussa sinko Coulibaly et Gal Amadou Aya Sanogo. Ils tirent les ficelles, c’est le premier, cité, qui avait incité le peuple à envahir Sébenikoro, le 5 juin.
Le sort des autorités arrêtées et l’embargo sont d’abord sur la table mais la durée du règne fera débats. Une divergence de vues avait pris forme avec la récente mission de Goodluck Jonathan. Le staff de présidents qui suivra sera regardant sur ça. La refonte du Mali est profonde et le M5 sera déterminant. N’oublions quand même pas que le pays ne se limite pas à l’équipe de DICKO.
Les assises nationales ne devront pas être de trop. Huit mois après le DNI n’aura servi à rien. Il sera d’ailleurs l’argument phare de plusieurs leaders de la sphère politique. Ces retrouvailles nationales permettront de situer sur la » réelle » ligne directrice du CNSP, après les annonces qui pleuvent au jour le jour.
IDRISSA KEITA
Le Soft
