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Tunisie: le président Kaïs Saied reste intransigeant sur son changement de Premier ministre

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Après avoir demandé au chef de gouvernement de démissionner, le président Kaïs Saïed a chargé, sans tenir compte de l’avis des partis, le ministre de l’Intérieur Hichem Mechichi de former le prochain gouvernement. Une manière de rappeler qu’il entend peser dans la vie politique du pays sans abandonner son projet de révision de la Constitution.

Avec notre correspondant à TunisMichel Picard

On disait le président sans marge de manœuvre tant ses prérogatives sont limitées et l’Assemblée toute puissante, dominée par le parti islamiste Ennahdha et les libéraux de Qalb Tounes. Mais dès son installation à Carthage, il a court-circuité la politique partisane afin de suivre la voie qu’il s’était tracée en faisant plier les grands partis. En février, lors du vote de confiance du gouvernement, qu’Ennahdha menaçait de ne pas soutenir, le locataire de Carthage a brandi avec succès, la menace de dissoudre l’Assemblée affirmant que les députés devraient assumer la responsabilité de leurs votes.

Cette fois, la convocation d’élections législatives anticipées, possible dans un mois en cas de refus du vote de confiance au nouveau gouvernement, ne serait plus une menace, mais dans le projet du président, une question de temps. L’actuelle Assemblée, composée d’une mosaïque de partis, ne permet pas de dégager une majorité claire et rend fragile tout gouvernement. Conséquence du Code électoral que le président entend réformer.

Tout comme la Constitution qu’il s’est fixé comme tâche d’amender afin de rendre, martèle-t-il, la volonté du peuple décisionnaire. Le régime politique actuel limite les prérogatives du chef de l’État, laissant les pouvoirs réels à un parlement morcelé.

Vers une dissolution de l’Assemblée ?

Pour réviser la Constitution par référendum, le président a besoin d’un tiers des députés pour défendre son projet puis de la majorité des deux tiers pour la voter. Ce que l’actuel parlement ne permet pas tant le chef de l’État n’est représenté par aucun parti.

Une dissolution durant les premières années de son mandat lui offrirait la possibilité de mettre en œuvre ses projets au risque de repousser la mise en place de politiques de relances économiques attendues par une bonne partie de la population.

RFI

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