Six ans après la signature de l’accord pour la paix : Application extrêmement laborieuse d’un texte qui ne devrait même pas exister

Largement occulté des esprits depuis la fin du premier mandat d’IBK, la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation revient au-devant de la scène à la faveur de l’anniversaire de sa signature en juin dernier. A l’analyse de différents groupes d’experts, le texte piétine dans sa mise en œuvre, et six ans après sa signature, les avancées sont très peu nombreuses sur le terrain. A l’évidence, il semblerait qu’il s’agit d’un Accord imposé aux parties signataires. De ce fait, une certaine mauvaise foi de leur part est à déplorer. Mais le plus grand perdant reste bien sûr l’Etat malien à qui l’on a imposé de négocier un texte avec seulement un groupuscule de quelques centaines d’individus.

Du coté malien, la frustration est énorme mais surtout la honte. Tout un Etat constitué de près de dix-huit millions d’habitants en a été réduit à négocier durant près d’un an avec des rebelles ayant grandement déstabilisé le pays. L’incapacité et l’incompétence au plus haut sommet de l’Etat auront donc couté très cher. Alors que MNLA et autres MAA avaient essuyé de sérieux revers de la part des groupes terroristes extrémistes, après s’être alliés à ces derniers aux premières heures de l’occupation du nord malien, contre toute attente, ils se sont refaits une virginité. Ce, grâce à la très mauvaise décision de la France libératrice de remettre les mouvements rebelles en scelle. En réalité, le refus à l’Armée malienne de rentrer à Kidal, ne fut que le début de l’humiliation que subira par la suite l’Etat du Mali.

Nous n’aurons de cesse de le rappeler. Il aurait été tellement plus facile et surtout salutaire pour la France de prendre fait et cause pour l’Etat malien et de tout simplement effacer toute trace de rébellion au septentrion. Au lieu de cela, mouvements rebelles et Etat malien auront été mis sur le même pied d’égalité ! La France a commis une grosse erreur stratégique, impardonnable même. L’erreur est tellement grotesque que l’on ne peut s’empêcher de croire à une sorte d’accord tacite dans l’ombre entre groupes rebelles et Etat français. Comment dans un pays indépendant et souverain, bien qu’il soit failli à cause de son mode de gouvernance, l’on peut tolérer la présence de groupuscules armés qui ont menacé l’unité même du pays ?! Cette imposition et toutes les conséquences qui en découlera, les Maliens le vivent comme une sorte de purge, presqu’une punition pour les années de laisser-aller au niveau de la gouvernance.

Dans la norme, un tel accord ne doit point exister. Le contexte du nord malien et du Sahel en général est déjà bien assez volatile pour encore tolérer l’existence de groupes rebelles armés, hier alliés de terroristes extrémistes, aujourd’hui voisins de ces derniers. Et voilà que l’Accord existe depuis six ans, il se confronte à nombre d’obstacles, car en réalité il est en grande inadéquation avec les réalités du terrain et les aspirations des parties signataires.

L’Accord est signé ! Il faudra faire avec

Comme dit l’adage, le vin est tiré il faut le boire. L’Accord existe, cela est un fait. Et paradoxalement, en l’état, le Mali a plus intérêt à la pleine application du texte que les parties signataires pro-Azawad. A condition bien sûr qu’il s’y implique pleinement à travers son chef d’Etat et son Premier ministre. Cependant au fil des ans, le gouvernement malien a bien trainé les pieds. Le manque de volonté politique est tellement palpable que, si l’on y prêtes attention, la CMA pourrait revenir dans un futur proche avec son projet d’autonomie. Autorités intérimaires, DDR, régionalisation et surtout révision constitutionnel ou encore CSA, l’Etat malien devra prendre à bras le corps le texte et en faire sien. Mais, il faudra le faire bien et non juste pour la forme.

Ahmed M. Thiam

SourceInf@sept

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