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Présidence de la Transition: les deux cartes dans la manche du CNSP

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Alors que l’opinion nationale donne de plus en plus de la voix face à un surplace mortel d’un mois depuis le renversement du régime IBK et que l’échéance de la CEDEAO arrive à terme après-demain 23 septembre, des sources concordantes font état d’avancée notables dans la mise en place des organes de la Transition. Où en est-on ? Quels seront les heureux élus ?

Les présidents de 9 pays de la CEDEAO (Ghana, Burkina-Faso, Côte-d’Ivoire, Guinée, Niger, Sénégal, Togo…) et le vice-président du Nigeria se sont réunis le mardi 15 septembre, à Accra, au Ghana, pour examiner la situation au Mali. A l’issue de leur rencontre consultative avec la délégation du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) conduite par son président le colonel Assimi GOITA, parmi la série d’exigences de la CEDEAO, il y a : la désignation à la présidence de la Transition d’un civil ; la mise en place de deux organes de Transition (le Comité de Transition et le Gouvernement de Transition).
Contrairement à ce qu’avait annoncé le porte-parole du Comité National pour le Salut du Peuple, le colonel-major Ismaêl WAGUE, lors de son point de presse du mercredi 16 septembre 2020, à savoir « c’est le Collège dont la mise en place a démarré aujourd’hui, qui sera chargé de mettre en place le Président de la transition, le Premier ministre et tous les organismes de ladite transition…», ledit collège n’existait toujours qu’au niveau des intentions.
Selon des sources bien informées, c’est hier que le collège de désignation du Président de la Transition devait être finalisé. Dans sa composition des noms ont fuité : l’Imam Mahmoud DICKO, autorité morale du M5-RFP, Monseigneur Jean cardinal ZERBO archevêque de Bamako, Révérend Dr Nouh Infa YATTARRA, Délégué général de l’Association des Groupements d’Eglises et Missions Protestantes Evangéliques au Mali (AGEMPEM). Au regard de l’opacité qui entoure la démarche des militaires (la grande muette), nous ne sommes pas parvenus à recouper auprès d’eux cette information qui nous paraît néanmoins crédible.
Nos sources nous apprennent également que c’est aujourd’hui le day D, le grand jour qui devrait mettre un terme à un mois de languissamment, le jour où le Collège devrait désigner celui qui aura la lourde charge de présider la Transition qui durera de 12 à 18 mois selon la CEDEAO et 18 mois selon la Charte de la Transition issue des concertations nationales des 11, 11 et 12 juillet 2020.
Cependant, apprend-on, les militaires qui avaient annoncé dans leur première déclaration ‘’ transition politique civile conduisant à des élections nationales crédibles pour l’exercice démocratique à travers une feuille de route qui jettera les bases d’un Mali nouveau’’ auraient deux cartes dans leur manche pour assurer la présidence de la Transition, deux généraux aux fortunes diverses.
L’on cite en effet le général Yamoussa CAMARA

Diplômé de l’École normale supérieure de Bamako (en russe) et de l’École supérieure de la guerre (Tunis 2006-2007), il est par ailleurs détenteur de plusieurs attestations, certificats et brevets.
Il est nommé ministre de la Défense et des Anciens combattants dans le deuxième gouvernement de Cheick Modibo DIARRA en août 2012 et reconduit au même poste dans le Gouvernement Diango CISSOKO 1 du 15 décembre 2012 puis encore au sein du second gouvernement Diango CISSOKO en juin 2013 (seulement jusqu’en septembre 2013). Le général Yamoussa CAMARA a été nommé par le nouveau Président Ibrahim Boubacar KEITA au poste de chef d’état-major particulier de la Présidence de la République. A ce titre, l’officier général occupe le second rang protocolaire, juste après le secrétaire général. Déjà, beaucoup n’ont pas apprécié cette nomination dans la mesure où le général CAMARA figurait parmi les responsables du putsch du 22 mars. A l’instar du chef de la junte Amadou Haya SANOGO, il sera accusé pour complicité d’assassinat et d’enlèvement suite à la découverte en décembre 2013, dans un charnier, des corps d’une vingtaine de militaires appartenant à une unité de parachutistes appelés bérets rouges.
La seconde carte des militaires, est Bah NDAW. Né le 23 août 1950 à San, (Ségou au Mali), M. NDAW a fait une brillante carrière au sein de l’armée de l’air, avant de faire valoir ses droits à la retraite. Après son baccalauréat, il est incorporé comme engagé volontaire dans l’armée le 1er juin 1973. L’année suivante, il est désigné pour suivre un stage de pilote d’hélicoptère en URSS. Le mardi 27 Mai 2014, il est nommé ministre de la Défense et des anciens combattants.
In fine, si le collège de désignation ne devrait n’avoir qu’à choisir l’un ou l’autre, alors l’on aura assisté à une belle mascarade.

PAR BERTIN DAKOUO

Info-Matin

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