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Panne Facebook, Instagram et WhatsApp: «La question du centralisme numérique est posée»

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Pas de message sur Facebook, pas de photo sur Instagram, rien sur Messenger ou WhatsApp. Lundi 4 octobre, pendant plus de 6 heures, des millions d’utilisateurs ont dû ronger leur frein. En cause : une gigantesque panne qui selon Facebook, serait due à des changements de configuration dans les serveurs. Les explications de Nicolas Arpagian, expert en sécurité informatique, directeur de la stratégie de cybersécurité de Trend Micro, spécialiste de l’analyse de la cybermenace et auteur de La Cybersécurité aux Presses Universitaires de France.

RFI : Cette panne survenue lundi, c’est bel et bien une panne inédite, mais pas une cyberattaque ? 

Effectivement. Inédite, non, parce qu’on a déjà constaté par le passé des problématiques de disponibilité des serveurs. Et c’est vrai que, dans un service qui est consommé par des milliards de personnes en continu, 24 heures sur 24, sur l’ensemble de la planète, on ne peut pas dissimuler ce type de dysfonctionnement. Il s’agit d’un problème de connexions DNS, c’est-à-dire la structure qui va faire le lien entre les noms de domaine que vous écrivez quand vous allez sur rfi.fr, et puis les adresses IP, c’est-à-dire la structure informatique qui permet d’héberger ces sites internet et les pages que vous visitez. La seule chose, c’est que, quand ça ne marche pas, on ne peut pas le dissimuler, ça ne fonctionne pas, on ne peut pas accéder aux services.

Cela démontre en tout cas la fragilité du groupe Facebook qui a été touché dans son entièreté pendant plusieurs heures…

En tout cas, son besoin de structures informatiques importantes, cette exigence de disponibilité et puis surtout aussi, pour les utilisateurs, cela pose la question du centralisme numérique. À partir du moment où vous confiez à un seul prestataire l’ensemble de votre capacité de prise de paroles sur les réseaux sociaux, cela peut être pour des particuliers évidemment, mais pour des entreprises, pour les institutions. On voit bien qu’on se met dans la main de la disponibilité de ce service et le fait qu’il va pouvoir être accessible ou pas. Et donc, effectivement, on a vu ainsi une batterie de services de Messenger, Facebook, Instagram, WhatsApp, toute la galaxie du groupe Facebook en fait fragilisée. Et on voit bien qu’on devient dépendant et cela pose la question de la capacité à s’exprimer en dehors de la disponibilité de ce prestataire unique, en tout cas central.

Est-ce que ce genre de panne peut se produire à nouveau et/ou souvent ?

Elle peut se produire au fur et à mesure qu’on va, de toute façon, intensifier les usages numériques. Donc ça, c’est une consommation qui va aller au mieux en restant stable, et au mieux en progression. On va avoir une nécessité d’exigence d’investissement dans les infrastructures. Et c’est la raison pour laquelle il y a également l’avertissement boursier et financier. Le cours de la Bourse a été malmené justement à partir du moment où cette panne a été identifiée, quantifiée dans son volume, dans sa durée. Parce qu’effectivement, ce n’est pas une fatalité liée à un aléa inévitable. Il faut des investissements et, là, les marchés financiers demandent à Facebook qu’elle est la nature de vos investissements, quels sont les programmes prévus dans ce domaine parce qu’il va falloir rendre des comptes. Ce qui n’est pas toujours dans l’habitude de l’entreprise de Mark Zuckerberg qui n’est pas volontiers transparente sur ses investissements et son organisation interne.

RFI

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