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Le CNSP et les colifichets de la CEDEAO

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Le 15 septembre 2020, quelques responsables de l’équipe militaire qui a repris la responsabilité de la gestion du pays au pouvoir vacillant d’IBK le 18 août 2020 se sont rendus à Accra pour échanger avec des responsables de la CEDEAO sur le sort que l’organisation réserve au Mali. Elle avait sommé les jeunes militaires de rétrocéder le pouvoir à un régime civil avec cette date butoir du 15 septembre.

 

Avant d’aller plus loin, il m’apparaît opportun  de partager les propos du Colonel-Major Ismaël Wagué à l’issue de la réunion avec les chefs d’Etat de la CEDEAO: La CEDEAO est toujours claquemurée dans sa logique de mettre la junte sous tutelle en lui imposant un chronogramme et une transition civile.

“Nous étions partis à Accra avec deux objectifs: Partager avec les chefs d’Etat de la CEDEAO les conclusions des concertations nationales et voir avec eux la levée des sanctions sur le Mali”, il poursuit, “Nous avons dit clairement à la CEDEAO que nous sommes au service du peuple. Dans la mesure où la majorité a parlé d’une transition militaire, nous avons suggéré qu’on puisse aller dans ce sens. La CEDEAO a refusé”, et enfin, “Nous avons dit à la CEDEAO que nous ne pouvions décider sur place et que allons revenir  et discuter conformément à ce qu’il y a dans la charte”.

De fait, quelques dirigeants de la CEDEAO, malgré toutes les souffrances pouvant se rajouter à celles qui sont le quotidien  du Malien depuis plusieurs années, restent les velléitaires de la sanction contre le peuple malien. Ils ont fait la même chose en 2012, le Mali ne pouvait même plus acheter d’arme pour se défendre contre les terroristes, ennemis de tout le continent. C’était une stupidité mortifère à l’époque; aujourd’hui c’est le début du hara kiri communautaire.

Un constat s’impose, s’agissant d’un pays de l’espace francophone, les anglophones donnent l’impression de suivre les deux francophones les plus viscéralement opposés aux militaires, quitte à sacrifier le peuple Malien avec.

Alassane Dramane Ouattara dont le pays détient le 1/4 du PIB de la zone UEMOA est le plus zélé et cela se comprend. L’armée peut l’empêcher de dribler encore une fois le peuple Ivoirien; de plus la France vient de lui signifier qu’elle ne veut plus de lui comme sous-préfet. Lui même avait été imposé aux Ivoiriens  par une campagne médiatique savamment orchestrée par l’Elysée et relayée par RFI, France24, l’AFP, d’autres organes de presse alliés aux pays de l’OTAN et Nations Unies contre Laurent Gbagbo avec un appui militaires terrestre. L’aboutissement logique était le coup d’Etat contre Laurent Gbagbo. L’excellent livre de François Mattei, journaliste français : “Laurent Gbagbo. Pour la vérité et la justice” en dit beaucoup sur les circonstances. Le livre remet en cause toutes les idées reçues sur la crise postélectorale ivoirienne.

Alpha Condé est  le deuxième sur la liste des braillards contre la junte. Un délinquant sénile qu’on vient de voir agresser l’imam de Conakry et faire le coup de poing avec quelqu’un dans deux vidéo qui font le tour de la toile. Cet homme était respecté dans le monde, considéré comme un grand démocrate opposé au régime de Sekou Touré. Après le Dadis show de 2008 à 2009, voilà  notre Alpha  qui fait son show par des agressions physiques. Les prochaines élections présidentielles en Guinée risquent de connaître leur dénouement sur un ring de boxe.

Faure Gnassingbé, bien que discret dans le cas malien, est arrivé aussi au pouvoir par un coup d’Etat constitutionnel savamment organisé par le doyen Charles Debbasch, ancien doyen de la Faculté de droit d’Aix-en-Provence en France.

Pendant que Alassane et Alpha se font les hérauts du retour des civils au pouvoir au Mali parce qu’ils ne sont plus légitimes et craignent un scénario à la malienne chez eux, les mieux élus se font plus modérés contre le Mali: Roch Marc Christian Kaboré, Macky Sall… Umaru Sissoco Embaló de la Guinée Bissao n’a pas fait le déplacement. Il avait assimilé les troisièmes mandats de Condé et Ouattara à des coups d’Etat.

Comme le disait la Fontaine:” Selon que vous serez puissant ou misérable, le jugement de cour vous rendront noir ou blanc”.

Décidément le ridicule ne tue pas.

Tous ces chefs d’Etat qui s’étouffent d’indignation contre les jeunes militaires maliens, où étaient-ils dans les pires moments pour le peuple malien, où étaient-ils quand le 20 août 2020, en violation des textes de la CEDEAO, le Nigeria avait unilatéralement fermé sa frontière avec le Bénin créant la désolation? Ils étaient où le Alassane et le Alpha? Qu’avaient-ils fait pour aider le peuple béninois qui en a souffert?

La préoccupation première de ces gens n’est pas le respect des préceptes de la CEDEAO, ils font diversion avec ces textes. Ils sont obnubilés par la volonté de conserver leur fauteuil présidentiel.

Que faut-il faire lorsque des élections démocratiques et transparentes mettre en place une équipe qui se révèle liberticide, met en péril les acquis de la démocratie et le pays tout entier?

Les ténors de la CEDEAO vous diront qu’il faut se laisser occire. Le peuple malien devait accepter le sort que le clan IBK lui imposait.

Va-t-on reprocher à une personne menacée de mort d’appliquer les règles de l’auto-défense pour se sortir de cette mauvaise passe?

Les mêmes vous diront oui. Un peuple qui souffre doit accepter son sort et laisser les dirigeants vaquer à leurs besognes aussi sordides soient-elles.

Avant d’imposer certaines règles aux autres, il est toujours judicieux  de voir si on est au clair avec ces mêmes règles.

Ces jeunes militaires continuent de donner des gages de sérieux et de respectabilité à un  monde qui n’en a que faire. Le peuple souverain du Mali doit former un bloc pour les épauler dans la mission de restaurer la justice sociale et combattre la corruption.

Yamadou Traoré

SourceL’Aube

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