Démenti de la négociation avec Ag Ghaly et Koufa : Le contre-pied du gouvernement au HCI ?

Si le 1er secrétaire du Haut conseil islamique du Mali, Moufa Haïdara, non moins chargé des négociations de la même organisation, n’est vite pas parti en besogne, c’est que le gouvernement de la République du Mali a dribblé ceux qu’il aurait mandatés pour entamer les pourparlers de paix avec les groupes armés.

Sondage d’opinions ou matraquage d’esprits de la part du gouvernement de la République du Mali ? Il y a quelques jours de cela, le 1er secrétaire du Haut conseil islamique du Mali, Moufa Haïdara, à gorge déployée, tonnait sur les antennes de Radio France internationale (RFI) que son organisation va au plus vite mettre en place une commission pour diligenter cette négociation avec les deux chefs terroristes.

Comme objectif, Moufa Haïdara n’a rien caché. A l’entendre, il s’agit de tout faire pour arrêter l’hémorragie au septentrion malien en négociant avec Iyad Ag Ghaly et au centre avec Amadou Koufa. Le temps d’un battement de sourcils, les données ont changé. Un communiqué du gouvernement n’a pas tardé à balayer cette information d’un revers de la main.

Le hic dans cette affaire est que le gouvernement qui est considéré comme l’auteur du mandat, dit apprendre cette information par voie de presse. « Le gouvernement de la République du Mali a appris par voie de presse, l’annonce de négociations entre l’Etat du Mali et les leaders de groupes armés terroristes », dit le communiqué. Il renchérit en démentant que le gouvernement informe l’opinion publique nationale et internationale, qu’à ce jour, aucune organisation nationale ou internationale n’a été mandatée officiellement pour mener une telle activité. Marche arrière du gouvernement ou grand bluff de Moufa ?

De ce fait, la voix de Moufa du Haut conseil islamique du Mali est officieuse. Une voix officielle vient de l’annuler. L’acte dont il s’agit ne concerne pas une seule organisation, il implique toute la nation entière. Que s’est-il donc passé chez le 1er secrétaire du Haut conseil islamique du Mali ? C’est la question que l’on se pose lorsqu’on sait qu’il a lâché des propos allants, sans équivoque, dans le sens d’une négociation avec les terroristes. A-t-il agi en l’absence de la décision des autres membres de son organisation ?

En ce moment critique de la vie de la nation, ces genres de contradiction sur un sujet aussi important n’arrangent personne. Le temps est venu pour tous d’accorder les violons afin de faire face aux défis de l’heure.

Bazoumana KANE

L’Alerte

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